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Railcoop, une alternative ?

11 Février 2021 , Rédigé par La voix de NOSTERPACA Publié dans #DOCUMENT

RAILCOOP a bénéficié récemment d’une excellente visibilité grâce à la diffusion d’un reportage sur son projet dans l’émission Envoyé spécial, sur France 2 le 14 janvier. Cela suscite un engouement plutôt sympathique a priori. Mais est-ce une solution durable ? Ne devons-nous pas garder un peu de sang-froid et analyser le sujet avec un minimum de recul ?

Lors de sa dernière AG, NOSTERPACA avait invité la SCIC à venir exposer sa démarche. Madame Alexandra Debaisieux, directrice déléguée a pu ainsi  présenter son entreprise et répondre aux différentes questions posées.
RAILCOOP a été créée sous la forme d'une société coopérative d'intérêt collectif qui a vocation à faire rouler des trains de fret et de voyageurs.
La problématique est la mobilité dans les territoires ruraux où le chemin de fer a été abandonné : il existe un modèle alternatif, citoyen.
En 2019, la faisabilité du projet a été validée après des contacts avec le ministère et la SNCF. Aucun obstacle n'existe à la création d'un tel opérateur.
En novembre 2019, 5 collèges de sociétaires étaient mis en place, les collectivités locales qui s'engagent ne représentent pas plus de 50 % du capital social. Il ne s'agit pas de prendre des marchés mais d'augmenter la part du ferroviaire dans les transports.
En 2020 2 lignes de transport ont été retenues, permettant le développement du transport marchandises et du transport voyageurs.
Pour détenir une entreprise ferroviaire, il faut un certificat de sécurité, une licence d'entreprise ferroviaire, aujourd'hui, Rail Coop est à la phase d'instruction.
Pour la gouvernance de la SCIC une personne c'est une voix, c'est de l'économie sociale et solidaire. C'est un modèle coopératif, qui associe les sociétaires qui le souhaitent.
L'offre fret sera régulière, c'est une offre capacitaire, en complémentarité du fret SNCF pour les parties manquantes, assurant un maillage territorial où il y a peu d'offres.
II y a un démarchage auprès des chargeurs potentiels.
57 % des bénéfices sont réinjectés dans l'entreprise, la philosophie du projet est « toute richesse est destinée au développement du ferroviaire ».

Remarques NOSTERPACA : la concurrence est un élément de contexte, l'idée de la coopérative est séduisante, le ferroviaire a de l'avenir, c'est un aspect positif.
Mais comment s'implanter dans des zones non rentables ? Rail Coop a constaté que le service public ferroviaire manquait de liaisons : il existe des territoires non connectés, des personnes ne disposant pas de véhicule, c'est un projet entrepreneurial assumé, le coût de production reste inférieur au coût SNCF.
La coopérative a pour but une amélioration du service mais il est possible d'identifier deux écueils :
- le développement des lignes ne rendra-t-il pas nécessaire de s'inscrire dans une Délégation de Service Public ?
- la vétusté des lignes abandonnées du fait des coûts de l'infrastructure est un obstacle. Pour Bordeaux Lyon, qui prend en charge le coût de mise à niveau du réseau ?
Côté coopérative ce sont les citoyens qui prennent le risque.
Dans le même temps, SNCF vide le personnel de ses gares, ne fait rien pour que cela se passe autrement.

RAILCOOP devra faire la démonstration de la pertinence de son système économique. Souhaitons que les espoirs suscités ne soient pas déçus.

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