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LA VOIX DE NOSTERPACA

Relance ou agonie ?

5 Décembre 2020 , Rédigé par La voix de NOSTERPACA

Le syndicat des cheminots annonce une victoire pour le triage de Miramas. Ce serait effectivement une bonne nouvelle si l'ensemble du système fret ferroviaire est remis sur les rails ....

Mais dans la même période, une dépêche AFP (vu sur Le Figaro) nous apprend qu'un projet "Fret SNCF 2025" de la direction Fret SNCF aurait pour conséquence la suppression de 600 emplois dans cette branche du groupe ferroviaire.

Entre les annonces de relance et le déclin constaté, il est clair que la bataille pour la réhabilitation du rail ne fait que commencer.

Relance ou agonie ?

Le personnel SNCF mécontent d'un projet de transformation

Les élus du Comité social et économique de l'activité Fret SNCF ont voté pour la réalisation d'une "expertise externe" sur un projet de transformation de cette activité en difficultés.

Une expertise sur le projet "Fret SNCF 2025" a été confiée le 2 décembre au cabinet Secafi, qui doit la rendre "à la mi-janvier", ont annoncé les sources syndicales. Avec ce plan, la direction vise "un retour durable à une croissance rentable à l'horizon 2025", a indiqué un élu du Comité social et économique (CSE). Le plan contient une phase de "transformation de 2021 à 2023", notamment en "adaptant l'offre commerciale", en "simplifiant" l'organisation et en "réduisant les coûts", y compris en diminuant les effectifs, a-t-il détaillé.
"Des mesures d'amélioration de la productivité, de diminution de la masse salariale doivent être prises en 2021 et 2022 pour préserver l'entreprise et essayer de sauver les meubles avant une phase de développement à partir de 2023", a déclaré un autre membre du CSE. 
Le chiffre d'affaires devrait chuter de "20 % cette année" par rapport à 2019, a-t-il dit, en citant "une estimation de la direction". "Ce projet n'apporte rien d'innovant ou d'ambitieux pour renverser la situation. Il n'y a rien de concret, sauf pour supprimer du personnel", a-t-il critiqué.
Un reclassement théorique
En 2021, il devrait y avoir "600 suppressions de postes", dont "une centaine de conducteurs" de trains, a indiqué Bruno Poncet, secrétaire fédéral de Sud-Rail, membre du CSE. Ces suppressions d'emplois sur un effectif actuel de 5.800 personnes (contre environ 11.000 en 2010) seront réalisées "au fur et à mesure des restructurations locales", avec des reclassements au sein du groupe SNCF, des départs à la retraite non remplacés et "peut-être des mesures d'incitation à quitter l'entreprise", a-t-il ajouté.
"La direction dit que les cheminots du fret pourront trouver d'autres postes dans le groupe, mais c'est très théorique. On est très inquiet. Les postes à pourvoir ne demandent pas forcément les mêmes qualifications" et pour un conducteur de train de fret, "conduire un TER, ce n'est pas une promotion. C'est de la mobilité forcée", a-t-il estimé. Cette année déjà, "une centaine de conducteurs" de Fret SNCF l'ont quitté et "la plupart" ont été affectés sur des lignes TER, a-t-il terminé.

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R
Ça s’appelle une victoire à la Pyrrhus.
Pas étonnant, il y a longtemps que la SNCF ne veut plus de victoires. Il y a longtemps que l’entreprise a abandonné la politique de volume pour celle de la réduction des coûts. Il est vrai qu’à coût zéro, il n’y a plus de déficit. Et tant pis pour le client qui n’a d’autre choix que la route.
Il y a longtemps que je remets en cause cette politique. Même du temps de mon activité au sein de l’entreprise.
Laurent Brun, secrétaire général de la fédération CGT des Cheminots, ne dit pas autre chose (voir son interview dans la dernière Vie du Rail n°3808 du 27/11/2020 – le copyright m’interdit de le reproduire ici).
J’ai été effaré par les annonces du gouvernement à la sortie du 1er confinement : rien pour le mode de transport le moins polluant !
Le plan de relance ferroviaire n’est pas convainquant. Cela n’a pas échappé au nouveau 1er Ministre qui l’a assorti d’un appel à projet. Quand sera-t-il lancé ?
Ils croient avoir l’éternité devant eux, disait un de mes chefs de projet quand il rendait compte de l’avancée des travaux à la MOA. Là aussi, rien n’a changé. Et, dorénavant se sera comme d’habitude !
Et tout le monde s’offusquera des cheminots dans la rue (et les gilets jaunes relèvent du même constat).
Le SNCS, Syndicat National des Cadres Supérieurs, versera ses larmes auprès du Ministre des Transport s’étonnant de cette révolte prétendant une entreprise à la pointe du progrès, toujours innovante. Je l’ai pourtant alerté en 2018, lors de la dernière réforme du ferroviaire.
Mais que vaut le progrès sans l’humain ?
Il a fallu une loi pour parler de RSE. Alors que la SNCF était l’exemple même de la responsabilité sociétale des entreprises d’alors (même si les « patrons » s’en mettaient plein les poches !) :
- Des emplois pour tous, quels que soient les diplômes.
- La formation en interne de son encadrement (on savait de quoi il était question).
- La possibilité, la garantie d’une promotion interne, motivante.
- La prise en compte des aspects sociaux : logement, santé (le taux T2), culture, colonies de vacances, …
Mais le CAC 40 (et ses notations AAA) a tout effacé.
Il a saturé nos axes routiers, tuant en masse (on ne parle jamais des rescapés qui en porteront des stigmates toute leur vie – sans compter le coût pour la société) et ceux qui en réchappent étant condamnés à respirer des particules fines. Et la nature sursaute, tressaille, déversant des trombes d’eau ou écrasant de soleil nos cultures.
Cela suffit !
J’ai voulu en savoir plus et j’ai créé mon entreprise pour avoir accès « au dossier ».
J’ai découvert un monde ferroviaire d’une grande complexité, illisible. Ce qui explique les pertes de part de marché. Il paraît que les décrets d’application à la suite de la dernière réforme ont été difficiles à prendre !
Bon, on fait quoi alors ?
Eh bien, on revient aux fondamentaux.
Le chemin de fer ce sont des lignes reliées en réseau.
Et, comme le dit Thierry Mignauw, un train ça ne peut faire que marche avant ou marche arrière. La direction est donnée par Réseau.
Et ce qui manque aujourd’hui, c’est une organisation, une interface entre les clients et Réseau. Un organisme qui donne la direction qui prenne en compte aussi bien les besoins voyageurs que marchandises. Sous une autorité qui fixera, en conception, les priorités.
C’est simple. Il ne manque plus que la volonté.
Mais il y a urgence.
La « cannibalisation » est inévitable. Et il faut l’éviter.
Rien que localement, une rumeur fait état d’une étude de cession du CTT (Centre de Transit Terrestre) de PDL (Pas-des-Lanciers).
Une ITE située dans une ZI, à deux pas du centre de Marseille, à une vingtaine de kilomètre d’Aix-en-Provence, à deux pas de Plan de Campagne et des villes de l’Est de l’Étang de Berre !
L’idéal pour un « cross docking » mixte.
Cherchez l’erreur d’autant que l’ADEME a rejeté mon dossier d’étude de faisabilité pour le CTT (l’État n’a pas encore avalisé mon dossier, plus général) !!!
D’autres souhaitent privatiser le triage !!!
DANGER, il ne faut surtout pas morceler Réseau, la sécurité y pâtirait. C’est pourquoi les petites lignes doivent rester sous autorité Réseau.
Bien entendu, pour cela il faut que Fret SNCF se réforme. Passe de la manutention latérale à la manutention en bout. Il faut que Fret SNCF s’intéresse à la grande distribution. Mais comme PGC (Produits de Grand Consommation) n’a jamais été en odeur de sainteté au sein de l’entreprise … !!!
Voilà à quoi je m’attèle aujourd’hui au sein de mon entreprise, FRACOFER (pour FRAnceschi COnseil en Ferroviaire Et aux Retraités – qui pourrait commencer par FRAnce, le ferroviaire étant de portée nationale).
Robert Franceschi – FRACOFER – fracofer@free.fr – 06 19 78 16 82
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