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"Désenclavement" un mot magique dans les Hautes-Alpes

La voix de NOSTERPACA

Après le comité de ligne de Chorges, Éric Brucker, membre de SAPN 05, nous livre un billet d'humeur ...

La gavotte est une princesse cadenassée dans son écrin de montagne, et qui dépérit en se languissant d’être délivrée par son prince charmant, vrombissant sur une belle autoroute ou glissant comme une flèche silencieuse à la vitesse d’un TGV…..

Ce beau conte nous est raconté depuis plus de trente ans…et il semble avoir toujours autant de succès !

« Sans autoroute c’est la mort économique » telle est la litanie immuable de nombre de nos élus et autres « grands décideurs ».

Bien évidemment la réalité est toute autre :

Valence , dans le département voisin de la Drôme , est parfaitement « désenclavée » depuis trente ans par autoroute, TGV et même aéroport….et sa stagnation économique est réelle.

Gap et le gapençais depuis trente ans…ont pratiquement doublé en population et poids économique….

Et les Hautes-Alpes sont une voie de passage…depuis les Romains et même avant….

 

Le vrai problème, au-delà des préoccupations politiciennes et des intérêts particuliers de certains lobbies, est donc uniquement d’évaluer si les moyens de communication des Hautes-Alpes sont adaptés aux particularités économiques du développement auquel nous pouvons légitimement aspirer en valorisant nos atouts spécifiques et en remédiant aux points faibles qui peuvent nuire.

A cet égard il est clair que :

 

  • L’économie « numérique » est une révolution qui abolit les distances et peut grandement bénéficier au 05 sans nuire à la qualité de vie et de la nature qui sont notre atout majeur.

Nous devons donc tout faire pour avoir une qualité « internationale » à cet égard , notamment par un développement judicieux de la fibre optique, opportunité trop longtemps négligée alors que la fibre qui relie Sofia-Antipolis et Meylan passe sous nos pieds depuis…trente ans …. !

 

Nous devons pouvoir continuer à bénéficier d’une bonne desserte ferroviaire.

Le rail est en effet techniquement le mode de transport le plus sûr et le moins fatigant sur longues distances et ce notamment en cas d’intempéries. C’est aussi, et de loin, le plus adapté pour la massification des flux et donc pour faire face d’une manière satisfaisante aux pointes de trafic , notamment lors des grandes migrations saisonnières.

Or la situation actuelle est à cet égard fort préoccupante et la survie du rail dans le 05 inquiète, à juste titre, de plus en plus de monde.

Il en sera ainsi d’ailleurs tant que la ligne demeurera en cul de sac, situation quasi unique en France à la frontière du centre économique d’un autre grand pays.

Faute d’un trafic suffisant la ligne des Alpes ne peut survivre qu’à coup de subventions croissantes, ce qui pose évidemment problème en cas de crise économique majeure.

Pour qu’il en soit autrement il faudrait un tunnel de base sous le Montgenèvre qui puisse fonctionner à son maximum de capacité technique par des cadencements appropriés avec trains en rafales etc…. le rail n’ayant presque que des coûts fixes.

Théoriquement il suffirait pour cela d’un faible report du trafic routier de Vintimille qui poursuit sa route vers Turin , la Lombardie et au-delà.

Mais il s’avère qu’hélas personne ne veut étudier sérieusement ce « business plan », et il semble même difficile d’obtenir les statistiques de base nécessaires à cet égard.

Les raisons de ces résistances sont diverses :

  • Il y a celles du lobby en faveur du Lyon-Turin.

Pour ce lobby il est clair que le Montgenèvre ne peut être qu’un « complément » au Lyon-Turin et donc qu’il ne peut être éventuellement réalisé qu’après…afin de ne pas faire concurrence au LT ….alors qu’il est plus court pour les liaisons Espagne-Turin…

Et les élus PACA sont hélas fort sensibles à cet argumentaire …ce qui reste un peu mystérieux…

Il y a celles des pseudo-écolos « nimby » (not in my garden) qui craignent avant tout les nuisances d’un trafic ferroviaire intense dans leurs vallées. Ils veulent bien, du bout des lèvres, un ou deux trains par jour, conscients que le rail demeure moins polluant que la route, mais…pas plus….

Certes on peut leur répondre que :

-la pollution du rail , c’est le bruit, uniquement d’ailleurs si électrifié.

Or les techniques modernes pour les rails et les boogies permettent de réduire considérablement cette nuisance.

  • -sans « massification » toute solution « rail » devient hors de prix en passager ou tonne/km.

  • Sans le rail il est fort à craindre que le val de Durance ne devienne jusqu’au Montgenèvre un couloir à camions, les contraintes administratives ne pouvant éternellement résister à des impératifs économiques.

Parviendrons-nous à vaincre ces résistances et à obtenir pour le moins une étude sérieuse économiquement pour le Montgenèvre ? Il est hélas permis d’en douter.

 Quant au désenclavement autoroutier il demeure économiquement et écologiquement indéfendable, et la poursuite de cette chimère a hélas coûté déjà très cher au département , par empilement d’études et autres dossiers que plus personne ne lit, alors que certaines ne méritent qu’une légère actualisation, et surtout par le retard apporté aux aménagements routiers nécessaires sur ces itinéraires (contournements de villages, voies de dépassement etc…).

Il suffit de savoir que les tunnels-viaducs nécessaires dans un terrain pourri comme le franchissement de l’Ebron sont une gageure technique fort coûteuse, alors que le trafic moyen escompté n’a rien à voir avec celui qui est susceptible de justifier une autoroute…et ce pour un gain de temps …fort minime …et seulement un léger déplacement des quelques bouchons dus aux migrations annuelles !

 

 

A propos du comité de ligne du 3 février à Chorges :

 

Il y avait relativement beaucoup de monde, environ 60 personnes, au Comité de Ligne TER « Dauphiné-Briançonnais » le 3 Février à Chorges.
Mais l’ambiance n’était guère à la fête.
Il est vrai que nos élus n’ont pas pratiqué la langue de bois. Et les réactions de la salle furent au diapason.
Les représentants de la SNCF et de RFF, sous l’assaut sont restés pratiquement cois.
Ils s’en sont tenus aux consignes très encadrées de communication qu’ils avaient dû recevoir , et se sont bien gardés d’en franchir les limites pour amorcer un dialogue constructif.
La SNCF reconnut que la qualité de service n’était pas satisfaisante ..du fait essentiellement de causes conjoncturelles , imprévisibles, ou qui n’étaient pas de leur ressort : travaux, matériels en panne, maintenance des rames automotrices concentrée à Marseille-Blancarde, retards des constructeurs Bombardier et Alstom pour nouvelles rames.D’ailleurs si le nombre de passagers/km a diminué de 2 % sur la ligne des Alpes en 2013 , il a augmenté de 2,1 en PACA.
Donc , implicitement, le mécontentement croissant d’usagers confrontés à des retards en série , sans avoir droit à la moindre information, ne mérite pas que l’on s’y attarde…..
Pour RFF le problème est simple : Si les Régions paient pour cette ligne classée en bas des priorités (de 7 à 9), l’entretien avance, sinon aucun financement sur fonds propres RFF …..
Autrement dit la présence de RFF à une telle réunion apparait comme pure courtoisie…..
M. Giraud dénonce cette atteinte grave au principe d’égalité des territoires…atteinte qui handicape gravement notre département qui vit essentiellement du tourisme.
La Région a annoncé la diffusion imminente d’un nouveau plan de transport qui sera suivi d’une réunion avec les usagers et d’une autre dix jours après .
Elle envisage la gestion privée pour la ligne de Digne , mais pas pour le reste du réseau. 
Déclaration inquiétante : La Région veut favoriser l’offre multimodale en fonction de la fréquentation, ce qui signifie en clair qu’en cas de faible fréquentation le transport par car sera favorisé, principe dangereux car le car, beaucoup plus souple en fonctionnement que le rail, risque ainsi de grignoter continuellement des parts de marché.
Il aurait été préférable de parler du développement de l’offre multimodale articulée sur le rail dans la cour de la gare (cars, co-voiturages, parkings, deux-roues etc…) d’autant que des initiatives à développer existent déjà à cet égard .
Le regroupement de plus en plus accentué sur Marseille de l’entretien des voies a été dénoncé. Une rénovation importante de la signalisation va être effectuée….mais aucune concertation préalable aux choix techniques retenus semble-t-il…. M. le sénateur s’inquiète vivement pour l’avenir de la ligne des Alpes et dénonce vigoureusement les gros problèmes de concertation avec RFF et la SNCF et la difficulté d’obtenir des renseignements précis et fiables. L’impossibilité de faire circuler des trains de nuit entre Grenoble et Veynes demeure ainsi une énigme et il demeure impossible de connaître le coût d’exploitation des lignes et leur déficit réel !
Il faudrait pouvoir inscrire les travaux réalisés et programmés dans une vision à long terme cohérente. Pour cela le débat public sur le Montgenèvre sera une étape essentielle.
Une ligne budgétaire est prévue à cet effet . Il faut espérer que les associations et le public pourront avoir accès en amont du débat à toutes les informations nécessaires pour nourrir une réflexion sérieuse et argumentée conduisant à un avis responsable.

soulet.gilbert@orange.fr 10/02/2014 08:09

Bonjour
C'est plus qu'un billet d'humeur; C'est un billet d'honneur!
Bravo,
Gilbert SOULET de Pertuis, porte du Luberon

À propos
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